Café littéraire n°3 : « speed booking ».

Ce mois-ci, nous avons participé à un café lecture plutôt original, un speed-booking. Sur le principe du très célèbre « speed-dating », nous avions trois minutes pour convaincre notre interlocuteur de lire notre roman coup de cœur.

Tous les moyens étaient permis afin de persuader l’autre : faire un résumé de l’œuvre en laissant planer le doute sur le dénouement, livrer ses sentiments sur l’intrigue ou encore utiliser l’art de la rhétorique en argumentant sur les atouts du livre.

Voici les ouvrages qui furent présentés lors de cette troisième rencontre :


Aurore, D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan : je suis une fervente admiratrice de cette auteur et j’ai d’ailleurs eu la chance de la rencontrer. J’adore son style d’écriture qui est limpide et travaillé. Chaque mot, chaque virgule semble être le fruit d’une longue réflexion. Ce roman est en partie autobiographique. La narratrice s’y fait manipuler et semble déconnectée de toute réalité. Delphine de Vigan parvient à maintenir le suspense. En effet, nous voulons toujours en savoir plus sur les personnages et notamment sur la mystérieuse Elle, qui n’est jamais nommée explicitement. Ce roman témoigne de ces relations, apparentées à des poisons, qui détruisent les être humains.

Eléa, Dreamology de Lucy Keating : Ce roman relate l’histoire d’Alice, une jeune adolescente qui mène une sorte de double vie : sa vie réelle, avec son père, et sa vie fantasmée. Chaque nuit, la jeune fille rêve d’aventure, de voyage ainsi que d’un garçon, Max, qui lui apparaît distinctement. Un jour, Alice est contrainte de déménager. Elle doit donc faire sa rentrée dans un nouveau lycée. Sa surprise est immense lorsqu’elle y découvre Max, le garçon dont elle a tant rêvé, en chair et en os. Je conseille ce livre car il est tout à fait adapté aux lecteurs de notre génération. Il entremêle science-fiction et réalisme, tout en faisant l’éloge de la très célèbre citation : « il faut croire en ses rêves ».

Louise, La mort est mon métier de Robert Merle : Achevé en 1952, La mort est mon métier est un roman historique basé sur des faits de la Seconde Guerre Mondiale. La particularité de cette œuvre réside dans le choix du protagoniste. En effet, le lecteur est immergé dans la vie de Rudolph Lang, commandant du camp d’Auschwitz. Ce personnage a réellement existé sous le nom de Rudolph Hoess, ce qui donne au roman une dimension encore plus terrifiante.  L’obéissance est ici le fil conducteur du récit puisque toute l’existence de Rudolph est basée sur elle. Dès son plus jeune âge, il recevra une éducation psychorigide de son père, le poussant à devenir prêtre. Pourtant, il se sentira trahi par l’Église et décidera de s’engager dans l’armée à l’âge de seize ans. De cet instant, il montera en grade jusqu’à obtenir d’importantes fonctions dans la hiérarchie SS, grâce à son absence de conscience et d’initiatives personnelles. Tout lui est dicté et il a une confiance inouïe en ses supérieurs.

La noirceur de l’histoire atteint son apogée lorsque Rudolph est déterminé à accomplir la mission qui lui a été confiée en faisant preuve d’une obéissance aveugle : éliminer le plus grand nombre de juifs et se débarrasser des cadavres.

Robert Merle nous partage les pensées d’un individu endoctriné. Il relate des faits réels rencontrés au cours de ses recherches. Cette écriture apporte une « compréhension » au niveau du mécanisme de réflexion des soldats endoctrinés, et laisse même penser que n’importe qui aurait pu se retrouver à la place de Rudolph Lang.

Le récit marque le lecteur, l’émeut, le choque par ces moments intenses. Il est impossible de rester indifférent à la lecture de ce roman.

Pauline, U4 de  Florence Hinckel Yves GrevetCarole Trébor, Vincent Vileminot : U4 est une saga littéraire composée de cinq tomes. Ils relatent l’histoire de cinq adolescents dont le destin s’entrecroise au cours des différents récits. Ces cinq personnages ont  survécu au virus U4 qui a décimé la majorité de la population terrestre. Ces jeunes, âgés de 15 à 18 ans, sont les uniques rescapés du fléau et essaient à présent de survivre dans un monde dévasté. Ces romans plairont aux adeptes de science-fiction qui s’identifieront parfaitement aux cinq personnages puisqu’ils sont des adolescents, tout comme nous.

Amandine, Night World de L.J Smith : Night World est une saga romanesque composée de dix ouvrages. Dans le premier tome, intitulé Le Secret du vampire, nous suivons l’histoire de Poppy, une jeune lycéenne dont la maladie est incurable : elle se prépare donc à mourir. Pourtant, James, le plus beau garçon du lycée, qu’elle aime en secret, lui fait le plus beau cadeau : un baiser vertigineux qui lui donne accès a son âme. Elle apprend ainsi que James partage ses sentiments depuis toujours, mais fait partie du Night World. Bravant les interdits de son monde, le jeune homme propose à Poppy de le suivre jusqu’à la mort, et même au-delà. Mais il lui faudrait pour cela devenir un vampire… J’ai tout simplement adoré cette saga. Ce premier tome est passionnant et il nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Ces romans, j’en suis sûre, plairont aux adeptes d’ histoires surnaturelles.

Fanny, Pauline de Alexandre Dumas : Ce roman m’a surprise et je parle bien sûr dans le bon sens du terme. Je m’attendais un à roman très classique qui se serait apparenté aux autres ouvrages du XIXe siècle que j’avais pu lire auparavant. Pauline est un roman rocambolesque et gothique, caractérisé par la noirceur de l’atmosphère de l’œuvre. Nous sommes directement plongés dans un univers nocturne avec des cottages en ruine, des sentiers perdus dans la campagne écossaise, des passages secrets, des brigands impitoyables, une jeune héroïne enterrée vivante… Je vous laisse découvrir la suite par vous même ! Mais croyez-moi, ce roman vaut le détour et vous ne serez pas déçus par cette intrigue digne de grands films d’action.

Charlotte, Harry Potter en version originale de J.K Rowling : Je ne vais pas vous résumer ces romans que nous connaissons tous. Ce que je vous propose, c’est une nouvelle perception de Harry Potter. En effet, le fait de lire les différents tomes en anglais m’a permis de découvrir une nouvelle dimension de l’œuvre que je n’avais pas perçue dans la version française. De plus, cela nous donne la possibilité d’améliorer notre anglais et de retrouver une certaine excitation à la lecture que nous avions perdue en visionnant les films. J’allie donc l’utile à l’agréable ! Did I convince you ?

Finnuala, Endgame de James Frey et Niels Johnson-Shelton : Endgame est une trilogie dystopique. Beaucoup diront que cette saga n’est qu’une pale copie de Hunger Games. Certes, il y a un air de ressemblance mais cela ne m’a absolument pas dérangé. Ce que j’ai aimé, ce sont les personnages qui ont tous une réaction différente face à leur nomination pour participer aux Endgames. Ces derniers sont tous hauts en couleurs et possèdent des personnalités bien distinctes. L’intrigue est totalement imprévisible. J’ai souvent été surprise par la tournure que prenaient les événements. La lecture est très fluide, et très rapide. Les chapitres sont entrecoupés d’indices et d’énigmes,ce qui nous laisse en haleine jusqu’au dénouement final.
En bref, vous l’aurez compris, pour moi ce roman est un coup de cœur ! je me suis régalée du début à la fin. Je pense d’ailleurs me jeter sur la suite dans peu de temps, en espérant qu’elle sera à la hauteur de ce premier tome !

Sarah, 16 lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl : En temps normal et pour être très honnête, je n’aime pas vraiment lire. Cependant, ce roman fantastique m’a tout simplement passionnée. L’œuvre relate l’histoire de Ethan Wate, un jeune lycéen qui mène une existence ennuyeuse dans une petite ville du sud des États-Unis. Mais des phénomènes inexplicables se produisent, coïncidant avec l’arrivée d’une nouvelle élève : Lena Duchannes.  Malgré la suspicion et l’antipathie du reste de la ville envers Lena, Ethan est intrigué par cette mystérieuse jeune fille et se rapproche d’elle. Il découvre que Lena est une enchanteresse, un être doté de pouvoirs surnaturels, dont la famille cache un terrible secret. Ce n’est qu’après ma lecture que j’ai appris qu’il y avait un film et j’ai particulièrement apprécié d’avoir pu remarquer les différences entre le roman et son adaptation cinématographique.

Jeanne, La servante du seigneur de Jean-Louis Fournier : Il est vrai que le titre de ce roman n’est pas très évocateur et ne donne pas forcément envie de le lire. J’étais moi-même assez dubitative avant d’en entreprendre la lecture. Cette œuvre est une véritable confession de l’auteur, qui crée ainsi une certaine connivence avec le lecteur. Certes, ce roman ne plaira peut-être pas à tout le monde. En effet, certains n’apprécient pas que les écrivains rendent public leurs conflits familiaux. Jean-Louis Fournier nous fait part de ses désarrois avec sa fille mais tout en restant très objectif et en décrivant cette relation avec beaucoup d’ironie. Ce livre ne traite pas que de religion, ce n’est d’ailleurs pas son objectif. L’auteur souhaite avant tout délivrer un message sur les relations au sein d’une famille et sur l’amour qui lie un père à sa fille. Il alterne ainsi entre l’emploi de la deuxième et de la troisième personne du singulier afin de montrer les évolutions de cette relation à travers le temps. Finalement, ce roman nous apprend à accepter l’autre tel qu’il est, avec ses défauts et ses qualités. Je conseille cet ouvrage à tout ceux qui n’ont pas peur de se laisser surprendre car à travers ce roman et la réflexion de l’écrivain, nous avons presque l’impression de voir notre reflet, ce qui peut nous déstabiliser.

Pauline, Comme un poisson dans l’arbre de Lynda Mullaly Hunt : J’ai adoré ce roman que j’ai trouvé réellement émouvant. La citation qui explique le titre du livre « Un poisson ne sait pas grimper aux arbres, mais ça ne veut pas dire qu’il est stupide pour autant. » m’ a fait énormément réfléchir. Le roman retrace l’histoire d’Allie qui a un secret inavouable: elle ne sait pas lire. Elle est parvenue à bien le cacher à l’école, mais cela lui pèse de plus en plus. Elle en a assez qu’on la prenne pour une idiote.Tout change le jour où un nouveau professeur arrive : il s’intéresse à tous ses élèves et essaie de comprendre les difficultés de chacun. Cet ouvrage m’a beaucoup appris sur la dyslexie et la sensation proprement horrible que les gens qui ne savent ni lire ni écrire doivent ressentir. Le regard des autres est dur et ce livre n’évoque pas seulement la dyslexie. Il a une portée bien plus universelle, celle d’être confronté au regard des autres. Mais il encourage à ne jamais abandonner, malgré l’adversité. *

Léo, Doglands de Tim Willocks : j’ai parfois du mal à choisir un roman. C’est donc totalement par hasard que j’ai découvert Doglands. L’œuvre raconte les aventures de Furgul, un jeune lévrier né dans un élevage de chiens de race destinés aux champs de course. Cet élevage est la propriété d’un éleveur violent et cruel, qui ne s’occupe des animaux que dans l’objectif de s’enrichir. Alors qu’il n’est encore qu’un chiot, sa mère Keeva révèle à Furgul qu’il n’est pas un chien de pure race, mais un « bâtard », puisqu’il est né d’un père chien-loup. Elle le supplie de tenter de s’échapper, ainsi que ses trois sœurs, et de partir à la recherche des Doglands, le pays où les chiens sont libres. Furgul promet de conquérir sa liberté, et de revenir plus tard libérer sa mère. Il parvient à s’échapper. Après bien des aventures, Furgul est recueilli par un couple, et découvre la vie de chien de compagnie.  Malgré la gentillesse de ses maîtres et le confort de la maison, l’appel de la vie sauvage est le plus fort, et Furgul s’évade à nouveau, bien décidé à rejoindre les Doglands. Bien que ce roman mette en scène des chiens, l’intrigue pourrait tout à fait être vécue par un humain. J’ai aimé cette quête de la liberté.

Après délibération, c’est finalement l’éloquence de Finnuala qui a convaincu le plus puisque trois personnes ont été séduites par son roman. Fanny et Louise sont également sur le podium, elles ont effet réussi à persuader deux personnes de lire leurs œuvres coups de cœur. Quelle œuvre vous a donc le plus intéressé?

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